Train...

Train tu files toujours plus loin
Train tu files toujours plus vite
roulant à toute allure.
Je suis descendu de voiture
et j'ai marché sur le bord.
Train tu m'as percuté si fort.
le long de guides métalliques.
Train de bois,
train de métal,
tu m'as fait si mal.
Train de bois
train de métal
Tes chemins sont en fer
tes haltes des embarcadères.
Voies ferrées pour circuler,
rails posés à intervalles réguliers,
traverses à écartement précis.
J'ai traversé sans regarder
ton énergie me broie.
Je meurs à cause de toi
Train de bois,
train de métal,
tu m'as fait si mal.
Moteur, traction, vapeur,
la machine me fait peur.
Puissance, distribution, régulateur,
papillon d'admission.
La locomotive fend le paysage
sans faire attention.
plaines, forêts, monts et vallées.
La courbure de ton rayon
te force à tout percer
sans concession.
Tu couches les arbres,
creuses des tunnels,
imagines des ponts,
construis des viaducs,
aménages des remblais.
Train tu n'aimes que les lignes droites
Train de bois,
train de métal,
tu m'as fait si mal.
Train tu m'as toujours excité.
C'est en 1830 très cher
que tu m'as embrassé.
Nous inaugurions le 15 septembre
le chemin Liverpool Manchester.
Tu m'as ôté un membre,
The Rocket killed me.
Nous étions arrêtés sur le bord
pour observer une cavalcade,
quand j'ai trouvé la mort.
J'ai cru d'abord
pouvoir t'éviter facilement
en me cachant derrière la porte du compartiment.
Mais tu fus le plus fort.
Train tu me projetas sous tes roues
pour me découper en petits bouts.
Train de bois,
train de métal,
tu m'as fait si mal.
On appelle le choc frontal entre deux trains
le Nez-à-nez.
Si la collision est à l'arrière, c'est le rattrapage.
Si elle est latérale, un soucis d'aiguillage,
c'est la prise en écharpe à une intersection.
Tous ces accidents de voyage
enflamment mon imagination.
Causes internes ou externes
sur le train en circulation.
Mais celui qui me fait le plus rêver,
c'est celui qui sait prendre le temps de monter.
Immobilisation défaillante,
pente importante,
inefficacité du freinage,
ou enrayage.
Et presque imperceptiblement, seul,
le train va prendre de la vitesse.
Au début rien d'affolant,
ça pourrait être le vent.
Mais bientôt on commence à comprendre
que le train que l'on vient de prendre
ne veut plus qu'on le commande,
ne veut plus de lignes droites,
ne veut plus de rails à intervalles réguliers,
ni de traverses à écartement précis.
Et il accélère, s'emballe, invincible
jusqu'à atteindre une vitesse inimaginable
et c'est le moment magique
où la machine reprend ses droits
où l'animal se rue vers les étoiles.
C'est ce qui me retourne les entrailles
Bon dieu un train qui déraille.
— Train, Ödland —
Nana

Nana, passionnée, comme si le Grand Prix allait décider de sa fortune, voulut se placer contre la barrière, à côté du poteau d'arrivée. Elle était venue de très bonne heure, une des premières, dans son landau garni d'argent, attelé à la Daumont de quatre chevaux blancs magnifiques, un cadeau du comte Muffat. Quand elle avait paru à l'entrée de la pelouse, avec deux postillons trottant sur les chevaux de gauche, et deux valets de pied, immobiles derrière la voiture, une bousculade s'était produite parmi la foule, comme au passage d'une reine. Elle portait les couleurs de l'écurie Vandeuvres, bleu et blanc, dans une toilette extraordinaire : le petit corsage et la tunique de soie bleue collant sur le corps, relevés derrière les reins en un pouf énorme, ce qui dessinait les cuisses d'une façon hardie, par ces temps de jupes ballonnées ; puis la robe de satin blanc en sautoir, le tout orné d'une guipure d'argent que le soleil allumait. Avec ça, crânement, pour ressembler davantage à un jockey, elle s'était posé une toque bleue à plume blanche sur son chignon, dont les mèches jaunes lui coulaient au milieu du dos, pareilles à une énorme queue de poils roux.
Nana, Emile Zola, chapitre XI
Please come take these eyes
| Tanto tempo fa Un uccello fatale di nome Chromaggia Incrocò in volo la freccia di un arciere Lundo le coste di lava Per anni, pensando di essere inseguita, Scappò dalla freccia Chromaggia, Chromaggia Perché non affronti il pericolo ? La freccia era legata all'ala E lei volava per liberarsene “Tirando la freccia, Altri son ferriti per mia colpa, Mia colpa !” Giù ! Verso la bocca del diavolo ! La sua freccia, i miei occhi. |
Once, a long time ago, Lived a bird, the fatal bird Chromaggia She flew towards an archer's Arrow off the Islands of St. Paul For years, she had run from the arrow Believing that it was chasing her Chromaggia, Chromaggia Why not continue to outfly the danger ? They could not see that the arrow was tied to her wing She flew to untie it, and free them both “By dragging the arrow Others are wounded by my Carelessness, my carelessness !” Down ! Towards the devil’s Mouth ! His arrow, my eyes. |
| Chromaggia, come take these eyes I would rather be blind ! — Chromaggia, Repo! The Genetic Opera OST — | |





